Arbitrage
Point de vue
Un nouveau jour pour les arbitres (aller également voir sur le lien prévu à cet effet)
La proposition
de loi sur le statut de l’arbitre adoptée le 22 janvier par le Sénat a été entérinée par l’Assemblée Nationale, hier, dans son ensemble. Le compte rendu analytique officiel sur les dispositions relatives aux arbitres lu sur le web, me donne envie de réagir sur ce sujet qui me passionne depuis bien longtemps. Extrait de l’intervention de M. le rapporteur de l’Assemblée Nationale je cite « pour autant, ce texte établit les bases juridiques durables de l’activité arbitrale. Il pose le principe de l’indépendance et de l’impartialité des arbitres. Il les fait bénéficier de la protection pénale spécifique accordée aux personnes chargées D’UNE MISSION DE SERVICE PUBLIC. EXCLUANT TOUT LIEN DE SUBORDINATION AVEC UNE FEDERATION, IL FAIT DE L’ARBITRE UN TRAVAILLEUR INDEPENDANT ».
Soit, cette avancée était très attendue par le corps arbitral français et nécessaire. Maintenant quelques points m’interpellent. Mission de service public très bien, travailleur indépendant moins bien. Je peux en parler en connaissance de cause, puisque je le suis moi-même. Ce statut nous isole du milieu dans lequel on intervient et donc affaiblit notre influence sur ce même milieu. Nous devenons des personnes isolées dont tout le monde se moque, sans parler des charges sociales éventuelles si l’on dépasse le plafond de la sécurité sociale de 4500 €. Avec cette mesure, ce qui est assez paradoxal, c’est que l’on souhaite que l’arbitre soit parti intégrante du jeu et on l’isole avec un statut de travailleur indépendant. Le danger est également que les arbitres forment une corporation indépendante de toute fédération, qui creuserait le fossé déjà existant avec les sportifs. Bon ce problème n’existera que pour une certaine catégorie d’arbitres de haut niveau. Comme ces mêmes arbitres l’ont très bien signalé lors du forum de l’arbitrage « Arbitrage et Citoyenneté » du lundi 2 octobre à la FAC des Sports de Talence, les problèmes ne se passent que très peu à leur niveau, il faut plutôt regarder à la base de la pyramide. Les arbitres bénévoles, les arbitres officiels de niveau départemental et régional. En effet c’est là que les difficultés commencent. La passion de l’arbitrage devrait être suscitée dans les clubs dès le plus jeune âge, je parle en connaissance de cause en tant qu’ancien sportif de haut niveau, arbitre et entraîneur de tennis de table. Sans parler d’arbitrage un jeune qui connais la règle, joue mieux sur le terrain et peux intervenir plus facilement sur son équipe pour calmer les esprits et la pousser à gagner le match. Après, cette connaissance de la règle, peut déboucher sur une formation de jeune arbitre et évoluer au fil du temps. Un arbitre est un sportif avant tout, donc pourquoi l’opposer par une indépendance exacerbée aux joueurs. Pour suivre les arbitres et les délégués de match sur les terrains de sport depuis des années, ce que beaucoup de gens et de sportifs devraient faire au moins une fois, pour se rendre compte de la difficulté de la tâche et du poids de l’environnement extérieur, je peux dire qu’une fois le match fini, les arbitres parlent avant tout de sport, de technique, ce sont des passionnés, comme les sportifs qu’ils ont arbitrés quelques minutes auparavant. Donc je pense avant tout que des moyens supplémentaires doivent être mis en œuvre, sur la formation des arbitres, l’encadrement, le soutien psychologique, sans oublier la valorisation de leur fonction et de leur arbitrage. Ces mesures permettraient aux arbitres de surmonter leurs difficultés, mais également de les garder et permettraient à des jeunes et des moins jeunes de se lancer dans l’aventure. Que les sportifs, arbitres, dirigeants, parents, partenaires, se rapprochent, communiquent ensemble, apprennent à mieux se connaître, s’apprécier et beaucoup de barrières tomberont d’elles-mêmes. Par ce nouveau statut des arbitres, un grand pas a été franchi, mais le chemin à parcourir reste encore long….
Manolas